ROR national : « une transition la plus fluide possible pour les établissements »
En septembre , la Nouvelle-Aquitaine a franchi une étape majeure avec la bascule du ROR régional vers le ROR national. Retour d’expérience de Corinne WLOSIK, Directrice de Projet ROR et Florent LACHAL, Directeur de Projet Interopérabilité.
La Nouvelle-Aquitaine a été l'une des premières régions à réaliser cette bascule. Comment avons-nous préparé ce changement ?
Corinne : ESEA a commencé à travailler très en amont sur le sujet, plus d'un an avant la date prévisionnelle de bascule. L'objectif était simple : comprendre précisément les impacts pour les établissements et sécuriser chaque étape du projet. Nous avons multiplié les échanges avec les établissements, les éditeurs de logiciels et les équipes nationales pour identifier les points de vigilance.
Florent : L'un des enjeux majeurs concernait l'alimentation automatique des disponibilités en lits. Plusieurs établissements envoyaient déjà leurs données directement vers le ROR régional via leurs logiciels métiers. Nous savions que le passage au ROR national allait nécessiter une adaptation technique importante sur le volet interopérabilité, car les modèles d'échange ne reposent pas sur les mêmes standards. Notre préoccupation a rapidement été de trouver une solution qui évite des développements complexes.
Comment avez-vous répondu à cet enjeu ?
Florent : Nous avons conçu une passerelle d'interopérabilité reposant sur notre moteur Confluences. Son rôle est de récupérer les flux existants, de les convertir dans le format attendu par le ROR national puis de les transmettre de manière sécurisée. Pour les établissements, cela a été totalement transparent. Ils n'ont eu ni paramétrage particulier à réaliser, ni développement à engager. Nous avons absorbé cette complexité afin de garantir la continuité des remontées automatiques. Cette solution est toutefois transitoire. À terme, les logiciels de gestion des lits communiqueront directement avec le ROR national. D'ici là, nous continuons d'accompagner les établissements et les éditeurs pour préparer cette évolution.
Comment s'est déroulée la journée de bascule, le 22 septembre dernier ?
Corinne : La migration vers le ROR national s’est très bien passée. Nous avions beaucoup préparé cette étape et cela s'est ressenti au moment de la bascule. Nous avons pu arrêter le ROR régional et mettre en service le ROR national dans de bonnes conditions.
Florent : Bien entendu, quelques anomalies ont été identifiées dans les premiers jours, ce qui est habituel sur un projet de cette ampleur. L'important était d'être prêts à réagir rapidement. Dans certains cas, des flux n'étaient pas correctement transmis. Dans d'autres, des problèmes de format ou de qualité des données empêchaient leur intégration. Notre rôle a alors consisté à faire le lien entre les établissements, les éditeurs et l'Agence du Numérique en Santé (ANS). Les situations ont été analysées très rapidement et les corrections apportées dans des délais courts. Cette proximité avec les acteurs de terrain a été déterminante.
Quelles équipes ont été mobilisées pour mener à bien ce projet ?
Florent : C'est probablement l'une des opérations techniques les plus importantes conduites par ESEA ces dernières années. Les équipes projets, infrastructures, développement, décisionnelles, interopérabilité, support utilisateurs et de proximité ont travaillé de concert pendant plusieurs mois. Chacun avait un rôle essentiel à jouer, et c'est cette complémentarité qui a permis de tenir les délais et de sécuriser la bascule.
Corinne : Au-delà de la bascule elle-même, nous avons également assuré le transfert des comptes utilisateurs, préparé l'authentification unique via le portail régional, coordonné les différentes interventions techniques et organisé le dispositif de support avant, pendant et après le changement.
Le chantier est-il terminé aujourd'hui ?
Corinne : Non, ce n'était qu'une étape. Nous poursuivons désormais un important travail d'accompagnement auprès des établissements. Le ROR national repose sur un modèle différent pour décrire l'offre de soins. Nous aidons donc les établissements à adapter et enrichir leurs données afin que leur offre soit correctement représentée et facilement exploitable par les professionnels utilisateurs des applications consommatrices du ROR national.
Florent : Sur le plan technique également, l'accompagnement continue. Nous restons mobilisés pour traiter les éventuelles difficultés, améliorer la qualité des données et préparer la transition vers des échanges directs entre les logiciels métiers et le ROR national.
Que retenez-vous de cette expérience ?
Corinne : Que la réussite d'un projet de cette nature repose avant tout sur l'anticipation, la coordination renforcée, l’implication de l’ensemble des équipes et le dialogue éditeurs-établissements-institutions.
Florent : Je retiens surtout la mobilisation collective. Notre satisfaction aujourd'hui est d'avoir permis aux établissements de franchir cette étape sans rupture et avec un accompagnement de proximité à chaque moment clé.
Cette réussite collective illustre le rôle du GRADeS ESEA : transformer les évolutions nationales en solutions concrètes, sécurisées et opérationnelles pour les acteurs de santé de Nouvelle-Aquitaine